mercredi 10 février 2010

Vision.

./.



J’eus la vision d’une épaisse fumée noire recouvrant le ciel de la Cité. Cette masse vaporeuse était constituée de mots, de lettres muent par une force mystérieuse. Des gerbes de logorrhées semblables à de longues tentacules se multipliaient sans cesse à sa périphérie, animée d’une vie propre qui produisaient toujours de nouvelles phrases à partir d’anciennes dans une mécanique de roulement syntactique.




Ses bras pensants venaient coiffer les immeubles de verre et pénétraient jusque dans les bureaux où les cerveaux traduisaient en sons, voix et concepts articulés cette guirlande de paradigmes tourbillonnants. Différentes polarités à l’intérieur de cet être social résonnaient à travers de médiums, de portes paroles comme autant d’hydres soufflant des vapeurs toxiques sur le sol.


L’Ange Michel combattait seul les démons et des raies de lumière les traversaient comme des lasers dans le ciel. Des extrémités venant se détacher du corpus central prenaient possession de bougres qui saignaient à l’arme blanche le premier venu. D’autres parties, beaucoup plus importantes, se mêlaient au plus profond de la matière qui exhalait dans des gémissements telluriques la détresse de cette corruption.
La rhétorique inversée des médias prenait acte du combat de l’Ange et des démons.


Dans les champs, un arbre isolé
Devenu transparent dans le paysage de l’hiver
Prenait au fur et à mesure que l’on s’en approchait
Toute sa majesté.
Dans ce lieu de culte païen, une croix tout faite en dentelles de métal,
avait été dressée sur une ancienne pierre
où les femmes stériles venaient s’assoir en retroussant leurs jupons.


« Dans moi » gîte une présence fugitive.
Les événements récents avaient éclairé de manière évidente, dans le substrat textuel que j’avais écrit déjà depuis quelques jours, la présence d’une pensée volitive. Son existence précédait bien la conscience que je venais d’en avoir.« Le signifié est in-signifiant. » me dis-je…


Mon Dieu !
Dieu qui créa la pensée… n’est pas la pensée :


 l’Esprit... la pensée n’est pas le sujet

                                                                            mais l’objet de sa création,
Lui étant…
"Si l’esprit qui vivifie mon âme ...est de l’immanence de l'être intérieur,
Celui, qui pensa la pensée, est... l’Intériorité de mon intériorité 
l’aborder par une réflexion sur Objet qui me renverrait à une représentation?

- La situation est en-Vers !
Créature, je suis à considérer comme un vase,
une outre,
un objet
quoi!
Être traversé de lumière et conserver de cette illumination la mémoire de la source...

Dans  le jaillissement du Créateur originel ...

approcher le Sujet du Verbe :

                                                                               d’objet pensé que je suis,

vers l’Etant.
L’absence n’est point l'inexistence, sa discrétion la rigueur..."

Le hasard  ne m’apparaissait plus que comme un éloignement à la périphérie de mon existence
où les faits, arborescences de réseaux dégénérées par des milliers de circonvolutions, ne faisaient plus sens.
Le retour au noyau central de la Vie, me projetait à nouveau dans un réel en adéquation avec celle-ci
et ainsi, elle se donnait à lire immédiatement.





...

Aucun commentaire: