samedi 6 mars 2010

Silex




*

...Le lendemain soir de la tempête, je fus réveillé.
Du lit, je pliai le bord du rideau pour apercevoir le ciel.

A travers la vitre embuée,
nous pouvions déjà embrasser la masse sombre de la forêt
qui se détachait de l’horizon

- Je décidai de me lever
L’horloge de la cuisine marquait trois heures.

Nous étions au milieu de la nuit,
 la puissante clarté lunaire avait eu raison de moi.

Résigné, je montai au grenier.


*
Dans le bric à brac des affaires de mon père, j’avais organisé depuis notre arrivée la veille, un délictueux fumoir.
Blottit sur un vieux lit, qui faisait usage de canapé (du temps où, de son vivant, il avait transformé les combles en atelier de peintre), je contemplais l’ascension de la fumée sous la sous-pente.
Dans l’amoncellement d’objets hétéroclites déménagés de l’appartement parisien, mon œil embrumé fut attiré par une boite « style tupperware » des années 60.
M’extrayant de ma léthargie béate, je dépliais les membres pour atteindre le contenant translucide.
Entouré de son coton hydrophile, toute une panoplie d’êtres bizarroïdes fourmillaient à l’intérieur de ce tabernacle : coquillages en hélices, escargots fossiles et osselets blanchis à l’eau de Javel.

Dans ce petit monde en désuétude une pièce détonnait : c’était une pointe de flèche en silex taillé, sans doute de l’époque néanderthalienne. On pouvait nettement y distinguer tous les éclats des coups de butoirs qui donnent à la lame son tranchant.



Héritage.

Tenant le triangle de silex noir au creux de ma main, je ne pus réfréner la pulsion de le posséder et enfouissais promptement le minuscule trophé dans la poche de mon pantalon.
J’eusse aimé qu’il émanât de ce témoin d’une autre ère quelques saveurs inconnues mais, malgré ma forte empathie, la pierre restait muette comme lavée par le Temps.
Il me souvint être resté dans une posture idoine.
Assis sur un banc de l’école primaire, je scrutai les lambeaux d’alu de l’emballage de mon goûter, tandis que, dans un tohu-bohu général, les collégiens s’acharnaient sur une balle de mousse jaune, allant et venant, comme des forcenés, d’une extrémité à l’autre du préau où des chiffons noués avaient été disposés symboliquement.
Le grenier n’était pas chauffé et je pris la décision de retourner me coucher.
À l’heure dite, afin de rappeler aux troupes l’éminence de notre départ, j’entrepris de charger le coffre de la voiture. C’était l’unique mâle-attitude qui me fusse encore dévolue, use égard mon « anxiété chronique » à l’intérieur du véhicule.
A peine franchi les marches du perron, mon regard fut à nouveau dirigé vers un point précis de l’allée de galets qui bordait la maison. Je m’avançais et y ramassa un silex pointu.
Il avait une forme de pyramide presque parfaite.


Silex

Je ne pus réprimer ma déception en constatant que deux des faces de ses prismes ne semblaient pas être ouvragées par la main de l’homme. La suspicion d’une érosion naturelle était forte et je m’apprêtais à le balancer parmi ses congénères lorsqu’il apparût que la croûte de sédiments calcaire qui le recouvrait s’enlevait facilement avec l’ongle.
Passé sous le robinet du cellier, le caillou ressemblait à une pointe de flèche bien qu’il lui manquât cruellement les ciselures qui auraient permis de l’authentifier  de manière indiscutable.
En me remémorant l’épisode nocturne, je pris soudainement conscience de l’étrangeté de la situation. Elle m’apparaissait comme un rêve éveillé, teinté de la lumière blafarde du grenier, et la découverte de ce matin en était le prolongement enchanté.
Je renouerai avec le fil littéraire de ma vie, que la précarité de ma situation avait rompu
Mâchant le terreau lexicale, histoire de voir quel jus pouvait s’en échapper :
« Silex, le six, si laid que, quel lait si… et si cette pierre fut un talisman : Alice ment, mental lisse, talent mélisse, amant lys … »

D’expérience poétique, une proposition, suivant l’anagrammation de ses termes, devenait multitude de propositions et de sens qui s’échappaient à peine entre aperçus…




Là est un Secret :

Ondes circulaires.
Des profondeurs de l’âme,
correspondances distanciées, amicales
ces subtiles voix…
tuteurs du Royaume…


Je remontais la pente qui menait du portail au garage. Du fait du ruissellement des eaux de pluie, il ne restait plus que sa croûte sablonneuse de stabilisé d’où émergeaient quelques caillasses concassées.





Vin délicieux…
offert sur la langue et belles joues.

Monte au Palais haut
aux sinus

visite l’éther et les idéaux…




Il me prit l’envie subite d’en trouver d’autres et j’allais chercher un râteau au garage. Je revins immédiatement à l’endroit d'où m’était venue cette envie et je sortis de la gangue deux cailloux hideux.
De la glaise amoncelée dans des cavités empêchait tout examen précis. Je retournais au cellier les rincer.
La première pierre avait une forme contondante et mes doigts s’enroulaient spontanément autour de la concavité, là où de petites alvéoles polies permettaient une parfaite préhension.
J’avais l’impression de tenir une sorte de pilon,
- un hachoir, tant l’extrémité percussive est aigue.
Ma mère voyait dans la seconde pierre un racloir destiné à détacher les peaux de bête de leurs fibres musculaires.


« - Que l’on aurait manié à plat…
- comme un rabot ? »


Les trois subjectiles étaient-ils des artefacts ou de vulgaires caillasses ?


- Dans le premier cas la séquence est fabuleuse, comme guidé par la Grâce...
- Dans le second cas, si je persistais dans la surinterprétation, c’est moi qui avais besoin pour des raisons
 « x » de faire une fable.

Avais-je acquis, avec le temps et les erreurs de jeunesse suffisamment de maturité spirituelle pour que mon
jugement critique soit vrai


et


que je fus capable de décrypter justement la surnaturalité dans laquelle toute vie mystique fut vouée.
Le temps, les travaux de voiries ne s’étaient-ils pas chargés de la dégradation des objets ?


Le dialogue avec l’Etant est


ou






Ce dialogue n’est qu’un soliloque ?


Dans le clair obscure,






Anima


Ombre plus lumineuse










Que toutes faces cachées
de mon âme.








L’enjeu est de taille !






La clé dans le détail...






En faisant mirer au soleil les pans coupés, on subodorait qu’ils ne furent pas tranchés d’un coup net, mais par une série de coups, de raclages et de polissages qui se voyaient sous forme de minuscules vaguelettes à sa surface.


Mon sentiment était double.
Nous pouvions voir dans ces pierres, des objets merveilleusement ouvragés au service d’une fonction.




ou






ne voir que du vent…………………………………………………………………………..






L’instrumentalisation, c’est bien ça, de faire un instrument de ce qui n’en était pas.
Donner du sens aux choses, est-ce en perdre l’essence ?
Définir la liberté, est-ce encore être libre ?






Une chose est vraie.










Quand










- Elle est.










Réellement.
Quelqu’un l’atteste


qui la connaisse


                        telle qu’elle est présentée.


Son existence est égale

                                                                                                             à la vision


                                                                                                                         par de laquelle


  nous la représentons



A=A

A est une proposition vraie.


A existe.


Celui qui dit :


« Je suis la Vérité »

Dit qu’il est le principe de ce qui existe.
(ce qui ne l’empêche pas d’être un terme du principe.)


JC = (A=A)


Cette proposition peut s’énoncer également
« Je suis qui je suis »

Exode 3-12



ou



…..Avant qu’Abraham existe « Je suis »

Jean 8-57


Dieu ne nous donnerait-il plus de preuves de son existence ?



L’économie de Dieu,

c’est

Qu’ Il s’est donné

une fois

en « preuve »,

En son Fils

Bien-aimé

Jésus-Christ

Il y subordonne toutes images

De Lui-même.

Son intervention est

unique,

Mais

 Paradoxalement

Elle est

Infiniment

surabondante.

comment peut-on être

simultanément

la preuve et la Vérité.

Le Messie est

simultanément

le créateur

le principe intrinsèque

de ce qui existe

mais aussi

 l’incarnation existentielle

 du Dieu vivant.



JC = (A=A)



et



JC = JC




D’où en réunissant les termes :


JC  =  ( JC = ( A = A) )


« Jésus est le principe de l’existence »
Il est « Jésus est la vérité. »

...

Ce qui revient à dire qu’Il est


Dieu.






A

A = A

JC = ( A = A)

3 = ( A = (A = A)  )
...........
5    8    13   21   34

etc..




On  appris a compté avec des pierres…

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