lundi 24 mai 2010

Le jour précédant mon départ

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Le jour précédant mon départ à la campagne, ravis par cette première journée de printemps, nous décidâmes d’aller au Jardin Alpin du Muséum. C’est, imprégnés de la réminiscence du paradis perdu, du trouble apaisement ressentis aux tropiques, que je rejoignis mon petit lopin. Jusqu’à ce que je plante mon cerisier du Japon, au centre de la cour fermée, j’écoutais avec un grand étonnement la fleuriste lorsqu’elle me confiait s’entretenir avec ses végétaux. A son instar, dès que l’arbuste fut mis en terre, il s’installa entre lui et moi une émotion complice que je ne manquais pas d’entretenir en l’arrosant abondamment, en lui prodiguant de petites caresses sur son tronc noueux, et en embrassant ses feuilles délicates. Cette famille qui a la particularité de donner de nombreuses et belles fleures roses avant le développement des feuilles, ne produit pas de fruits. Il en est souvent ainsi dans la Vie. Faut-il ne pas l’aimer pour autant ?
Un ami m’avait conseillé, comme un garde-fou à ma nouvelle oisiveté, d’entreprendre un projet d’illustration d’une œuvre littéraire reconnue. Apres beaucoup d’interrogations, je m’étais tourné vers le livre de l’Apocalypse de Jean. Le jardinage pourrait bien attendre un jour de plus… A peine avais-je lu quelques chapitres que je m’endormis au soleil, les doigts en marque page. Dans la langueur, j’entendais le chant évanescent de ma voisine mêlé au son du piano. En voici la fidèle transcription :


« C’est l’émoi, c’est l’âge tendre,
L’âge mûr, c’est le temps
D’un amour qui joue avec le vent
…………………………
C’est l’émoi, l’âge tendre
L’âge mûr, c’est le vent
Qui souffle de temps en temps
……………………………..
Le ciel de la chambre
Imaginé par l’enfant
C’est la vie cet émoi
C’est le rire d’une voix ! »
………………………..
Allez ! Allez ma fille
Rejouez moi cet air correctement.
……………………..
Mère ! Mère ! Mère
- Aidez moi - aidez moi
………………………….
« C’est le vent dans les bois…
C’est l’assaut des trilles,
La rime si précise.


Je fus réveillé par le claquement violent de la porte de la cuisine sous l’effet d’un courant d’air- me levais du transat. Un long filament brillant gisait au pied de l’arbre. Quoi ! Un serpent énorme ?? J’envoyais baldinguer mes Havaianas et enfilais pieds nus les Eagles de chantier. Muni d’une pioche, sans tergiversation, je le hachais d’un coup sec : « Chhh-Clac ! » - Quel con je suis ! M’écriais-je en le tirant délicatement par la queue, c’était juste sa peau - La couleuvre, …elle avait muée. Quelle conne de se dépiauter juste devant chez moi. La conne mesurait 1.80 m de long. J’eusse été plus fier de mon trophée si la couardise ne me l’avait pas fait couper en deux. D’une manière symbolique, la situation paraissait facile à poétiser, je ne serais toutefois pas entièrement satisfait d’une interprétation par trop facile. J’avais bien eu « la peau » du serpent, …celui était une couleuvre… donc non vénéneuse, plutôt utile pour le jardin, car le débarrassant des rongeurs et autres bestioles indésirables.
Je regardais cette peau transparente briller sous le soleil près de l’arbre du péché originel et mes pensées vaquaient auprès d’Adam et Eve et de leur amour sans pudeur avant la malédiction de la Terre. Les couleuvres…les couleurs du rêve.
- Finit le hasard. Je venais de discuter avec mon conseillé que le mot « mysticisme » n’était pas à prendre dans le sens d’un dénie du réel, mais au contraire dans le sens d’une analyse de celui-ci de manière spirituel. Que je voyais-je Dieu partout- à la place du hasard !
« Un coup de dé jamais n’abolirait le hasard », lui dis-je et il est des spécialistes de martingales. Les gens ne savaient-ils pas voir la surnaturalité des circonstances ou, étaient-ils si éloignés du centre que rien de merveilleux ne pouvait se produire sans prendre un AR pour Mexico ou Fortaleza ?
Imaginez un homme qui désirait retourner sur les lieux de son enfance, là où il passait ses vacances. Il ne se rappelle plus exactement où c’est mais il part sur la route. Si il prend un mauvais embranchement alors l’angoisse de ne rien reconnaître l’étreindra. Au contraire si il est sur le bon chemin, chaque nouveaux paysages, gentilhommières lui rappellerons une foule de souvenirs, de réminiscences et d’émotions. Il en est ainsi sur notre route intérieure. Si je me recentre sur l’essentiel, alors un voyage autour de ma chambre peut se prêter à une foultitude de petits signes discrets, à méditer, à décrypter dans leurs coïncidences.
L’apocalypse ne venant pas, je décidais de compléter un texte ancien en y additionnant de nouvelles notes en bas de page. Je le présente aujourd’hui sans relecture, mais dans son intégralité.


Chronique d’une Parthénogenèse Annoncée
Pour une lecture cosmogonique


Reprendre le texte du récit de la Création de l’homme par Dieu avec comme hypothèse que le texte fondateur puisse nous éclairer en filigrane sur la création de Dieu par Dieu. Dieu dit : « faisons les être humains à notre image ». Soit dit en passant: « J’ai fait les hommes comme je me suis fait moi-même, le Christ, le fils de l’Homme.
Ce n’est pas avoir une vision anthropomorphique de l’univers, ni avoir une lecture psychanalytique qui permettrait de repenser la Genèse sous l’angle d’une sexualité assumée, c’est se placer du coté inverse du miroir, du coté Ciel.
Le récit de la création du Monde est un récit temporel, par étapes, segmenté chronologiquement sur sept jours. En prenant le récit comme une métaphore de la création de Dieu « Himself » nous convenons qu’il ne s’est pas auto crée comme avec un coup de baguette magique, Bing-Bang-Boum ! « Je suis. »
Non ! Dieu est celui qui était, qui est, et qui vient. ..
Déplier son geste créateur, comme si nous regardions un ralenti cinématographique, voir le mouvement dans l’instantané et saisir la divine création comme une séquence, avec un commencement, un milieu et un devenir


G’Astronomie
Pour se faire une idée simple de la forme de l’univers, nous pouvons imaginer la recette des œufs pochés. Pour faire des œufs pochés sans que le blanc ne se délite complètement au contact de l’eau il faut créer un tourbillon circulaire dans la casserole d’eau chaude et y déposer délicatement l’oeuf en son centre, dans le vortex. Cela n’empêchera pas l’œuf de produire des filaments périphériques mais il ne se décomposera pas complètement.
Maintenez la casserole sur le feu et continuez d’agiter jusqu’à la fin de la cuisson.
Dans la métaphore avec l’univers réel, un parallélisme est-il vérifiable dans l’état de nos connaissances sur la création de l’univers, son expansion et la fin programmée des cycles stellaires ?
Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre.
La terre est un grand vide.
Elle est dans la nuit.
Une eau profonde la recouvre.
Le souffle de Dieu se tient au dessus de l’eau.
 Genèse 1-3
Dieu crée les humains à son image et ils sont vraiment à l’image de Dieu. Il les crée homme et femme - Genese1 .27
Dieu dit « Que la lumière brille ! » et la lumière se met à briller.

Croisons maintenant ces versets avec ceux de Jean 1.1

Au commencement, la Parole existait déjà.
La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu
Au commencement la Parole était avec Dieu
Par elle, Dieu a fait toutes choses et il n’a rien fait sans elle.
En elle il y a la vie, et la vie est la lumière des être humains.
La lumière brille dans la nuit, mais la nuit ne l’a pas reçue.
1.1

Les sept Lampes


Quand nous appuyons sur l’interrupteur, l’ampoule éclaire.
L’installation électrique existe, mais la lumière éclaire réellement qu’après la mise sous tension du système. Si « la lumière se met à briller » c’est bien que, avant l’injonction à ce qu’elle brille, elle était. Sinon il aurait été dit « la lumière brilla » (cf. J1.1) Dans la conception du commencement de l’évangile de Jean, la Parole est Jésus Christ, le Verbe Dieu et le Messie incarné.

1
Genèse au chapitre 2 verset 20.

L’homme donne un nom à tous les animaux domestiques, à toutes les bêtes sauvages et à tous les oiseaux, il ne trouve pas l’aide qui lui convienne parfaitement.
Dieu qui crée par la Parole, (Dieu dit « Que la lumière brille ») a fait toutes sortes d’animaux (V19) mais il délègue à l’homme de pouvoir les appeler en premier.

- Adam est seul parmi la création, Il n’a pas d’identité nominative.

- Dieu crée le ciel et la terre.

- Dieu (Etant) se manifeste comme Être par rapport au vide.

2

Dieu fait tomber l’homme dans un sommeil très profond. Il lui prend une cote* et il referme la peau à sa place. Avec cette côte, le Seigneur Dieu fait une femme et il l’amène à l’homme. Alors l’homme dit : « cette fois, voici quelqu'un comme moi ! Elle tient vraiment de moi par tout son corps on l’appellera femme de l’homme parce qu’elle vient de l’homme.

* On ne peut manquer de voir le parallélisme entre la côte d’Adam et le flanc percé de Jésus sur la croix, le nouvel Adam.

- Eve est créée à partir d’Adam, mais on les appelle encore seulement homme et femme car ils ne sont pas différenciés. (Elle tient vraiment de moi par tout son corps)

- Dieu donne naissance par la Parole à la Lumière.

- Dieu se crée en premier né, modélisant l’homme.
G3.v7

Elle prend un fruit de cet arbre et le mange. Elle en donne à son mari qui est avec elle et il en mange aussi. Alors leurs yeux s’ouvrent. Maintenant ils voient qu’ils sont nus. Ils attachent ensembles des feuilles d’arbres et cela leurs sert de pagne**

** Paradoxalement c’est le fruit du bien et du mal, et non l’arbre de vie, qui sexualise et différencie Adam et Eve. La sexualité d’Adam et Eve est vue ici comme un outil* permettant d’atteindre au niveau de conscience de leurs existence différenciée.Le projet de Dieu n’est-il pas un projet fusionnel ? ….de l’homme et de la femme, du Christ et de l’église, du soleil et de la terre. Tout positionnement éthique statique qui n’abonderai pas dans le sens de la Vie, de l’élargissement de notre niveau de conscience, de l’approfondissement de la différenciation entre ce qui est bien et ce qui est mal, et (ou) nous éloignerais de Dieu, ne procéderais pas, à l’évidence, du mouvement du plan que Dieu à formé.


3

V17« A cause de toi, je maudis le sol »

V20« L’homme Adam donne à sa femme le nom d’Eve, c'est-à-dire la « vivante »

Adam et Eve sont nommés, ils sont achevés parfaitement. La malédiction de Dieu intervient après la sexuation par le fruit de l’arbre du bien et du mal. Ensuite ils seront chassés du paradis céleste et condamnés à mourir

- Dieu, en Jésus-Christ, crée notre humanité

- Dieu se situe en Jésus-Christ qui sera incarné homme et condamné à mourir sur la croix.

Si Dieu est tout, il est aussi parfait et c’est la part de la perfection qui lui revient dans la différenciation. Il revient à l’humanité la part résiduelle : l’obscurité.

Mais puisque Dieu est parfait, Il est aussi parfaitement juste. ( § Suivant)


4. Le Plan juste.


La venue du Messie n’est pas une mesure d’urgence de Dieu pour pallier aux difficultés de l’homme libre. Sa venue est annoncée par tous les prophètes.
Dès le commencement, Dieu a prévu en Jésus Christ de racheter la part manquante.
Comme Dieu est parfait en tout, dans son incarnation il est parfaitement homme et homme, parfait. Homme, il est tenté « en Tout » et demeure sans péché. En mourrant sur la croix Jésus-Christ reprend sur lui le fardeau de la malédiction originelle occasionnée par la désobéissance. Tout le péché de l’humanité est porté dans sa mort, déposé dans le puit sans fond. En ressuscitant il ouvre parfaitement et en premier la voie de l’homme pour le mariage du Ciel et de la Terre. Il devient le Pain de Vie


Genèse Chp3 v 22
Le Seigneur Dieu dit : « Eh bien, l’homme est devenu comme un Dieu : il connaît ce qui est bien ou mal. Maintenant, il ne faut pas qu’il prenne aussi les fruits de l’arbre de la vie.Si il en mangeait il vivrait pour toujours.


Epilogue : I’m so free !


Comme Dieu nous a fait à son image, nous devons, à sa ressemblance, d’être libre et maître de notre destin. Si il nous faisait la démonstration de sa puissance, de son amour, notre libre arbitre ne pourrait plus avoir lieu : nous serions stupéfié par sa Gloire et esclave à sa louange. Donc Dieu ne s’impose pas et il laisse le choix : La porte est fermée, si on frappe…Elle s’ouvre .La foi c’est ça. Comme Dieu est parfaitement juste, il y aura un jugement sur nos vies* : sur ce qui fut bien et ce qui fut mal. Le but de Dieu n’est pas de punir, c’est le Mariage Mystique, mais ce qui est incorruptible ne peut se fondre avec ce qui est corruptible.
*Note



Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. (L’arbre de vie)
En participant à l’Eucharistie, c’est à dire en rejouant la scène anticipée de la crucifixion, en mangeant le « Pain de Vie » nous devenons sa chair, une seule et même chair pour l’église. Ne faisant plus qu’Un avec Lui, comme Il est Un avec son Père. Nous ne sommes plus sous le coup de la Loi qui nous condamne mais sous le régime de la Grâce qui nous justifie. Ayant vaincus la mort en premier par la résurrection il nous donne accès à la résurrection. . La deuxième mort n’aura pas d’effet sur nous. Cependant la connaissance du message Chrétien de la Grâce ne nous dispense pas de changer notre comportement. Si l’on choisit de s’ouvrir à l’évangile en vérité, et non pas d’aller au club du dimanche, cela implique une rencontre véritable avec l’Esprit de Dieu dans ce qui s’appelle le baptême de l’Esprit. Par différence au baptême de l’eau qui est seulement le signe d’un acte de volition. C’est cette même effusion de l’Esprit que recevront les apôtres le jour de la Pentecôte. Elle est indispensable pour renaître et changer de vie.
Nul ne rentrera dans le Royaume des Cieux si il n’a pas un coeur d’enfant.
Pour prendre une image tirée de l’actualité récente, imaginez notre humanité réduite aux passagers d’un avion, Dieu, proportionnellement, ne sauverais-il qu’un enfant ?
- On ne peut pas servir Dieu et servir l’argent.
Dieu qui est bon et qui sait toutes chose nous jugera comme nous avons jugé les autres.
En mon nom, je crois pouvoir dire que ceux qui se sont enrichis sur ou à coté de la misère des autres, même si ils allaient régulièrement au club du dimanche, n’ont rien à faire au Royaume des Cieux, à l’inverse ceux qui ont donnés leurs vie par amour pour les autres, tout en rejetant la triste enseigne du club, auront une place de choix dans les cieux.


Aussitôt, l’Esprit Saint me saisit, et je vois le siège d’un roi installé dans le ciel.
Quelqu'un est assis sur ce siège. Celui qui est assis brille comme des pierres précieuses vertes et rouges. Un cercle brillant entoure sa lumière verte comme celle d’une pierre précieuse.
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Devant le siège il y a comme une mer aussi transparente que du verre.
Apocalypse. 4-2

Celui qui témoigne ici, affirme qu’il a réellement connu cette lumière verte.
Qu’il a eu la vision de cette mer de cristal ainsi que de beaucoup d’autres, le récit en serait beaucoup trop long pour être raconté ici.


J’aperçus des fientes de pigeons sur des branchages de mon cerisier.Je retournais jardiner, tandis que des bribes de chanson me parvenaient encore

Rejouez ma fille :
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« Mon émoi, mon Tendre
C’est la prière dans la chambre
C’est l’âme dévouée, désirante »
…………………..
« C’est l’age mûr »
Assez ! ………assez ………..assez
La- men- table
La- men- table
………………
Ma Chérie,
C’est beaucoup trop court,
Vous voyez bien
…………………………….
« C’est l’émoi, l’âge tendre
L’âge mur, l’âme des rois

C’est l’amour qui ne meurt pas »







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