vendredi 7 janvier 2011

Le temps immobile.

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Je me suis réveillé ce matin avec une étrange sensation : le temps était devenu immobile.

Certes je l’étais moi-même, immobile, emmitouflé sous l’épaisse couverture mais... ce n’est pas de mes chairs ni de mes os dont il s’agissait mais bien de l’impression que, la f.m pouvait distiller les ondes sonores de son programme matinale, que je pouvais commencer à bouger légèrement en vu d’une éventuelle station verticale, le temps n’en demeurait pas moins figé …pris dans la glu, comme la mouche sur le ruban du piège …  comme un sac Picards dans la glace du bac intérieur du congélo.

Avais-je quitté ce monde ? Glissé sur une plaque, une trappe, traversé un mur, un miroir ?

Ha! C’était donc ça l’éternité, l' impression net d’avoir toujours existé et d'y’être encore.
Pour toujours et à jamais.

Une espèce de "déjà-vu"... un court circuit synaptique qui  fait mélanger présent et passé,
instant et intervalle, trouver la continuité dans la discontinuité, l’infini entre-deux ?

En fait je suis bien content de m’être échappé, comme le petit personnage s’échappe de la gravure, escalade le livre où il était prisonnier et saute l’abîme qui séparait la reliure de l’édredon où l’impotent vieillard s’est assoupi à la ligne.

"De l’aide pour Pôle Emploi" poursuivait le speaker, tandis que le brouillard dans lequel j’étais plongé désépaississait à vu d’œil et avec lui la fugitive mais irrévocable intuition de m’être définitivement écarté des turbulentes turpitudes de mes concitoyens.







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2 commentaires:

lucia mel a dit…

oh ! comme on te comprend, et comme on se pelotonne, nous aussi, au fond de notre lit... (dès qu'on le peut)

Simon Gaetan a dit…

ce sont là les prémisses de ton prochain billet sur le "on" ....:)))