jeudi 10 mars 2011

Toujours la.




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Mercredi  09 mars, 20 h30.

Ado, je voulais être musicien. Ma première guitare, plus un jouet qu'un véritable instrument, était fausse. Quand j'eus enfin rassemblé la somme nécessaire pour allez chez Dadi m' en acheter une vraie, la problématique de l'accordage demeura entière. De toute façon, on avait décrété à la maison que je chantais comme une casserole et qu'il était urgent que je cessa toutes incantations sous peine de météo calamiteuse. Ceux avec qui nous passons les vacances savent bien pourtant que je ne suis pas un faiseur de pluie et qu'au gré des micro-climats le soleil  nous accompagne. Dans cette vocation, il y avait des enjeux moins noble, briller auprès des filles, qu'elles se jettent sur moi...  quand on est laid, il faut bien s'inventer des dons .

J'éprouvais pour cette caisse en bois un véritable amour qu'elle ne me rendit pas.

Balancé dans un lycée de filles qui s'ouvrait  tout juste à la mixité,  je m'échappais de ma classe de scientifiques pour aller dessiner les bustes en plâtre avec la section art: je redécouvrais le bonheur  miraculeux de l'enfant absorbé tout entier à la réalisation de sa tâche,  mais sans pour autant ressentir le même engouement qu'il y avait à jouer de la guitare. Je n'avais jamais réussi à  en jouer  : la corde de Mi n'était jamais à l'unisson de celle du Si pincée et la comparaison des deux sons me plongeait dans des abîmes de perplexités jusqu'à ce que,  inexorablement, ma recherche s'interrompit par la rupture de la plus fine des deux.

Au moins avec le dessin je ne stagne pas lamentablement.

C'est une vingtaine d'années plus tard que je rouvris la bouche pour chanter.Heureusement le milieu était compatissant et ne jugeais point de la justesse car seule la ferveur était de mise.J'avais remarqué que, souvent dans les canons, certains chanteurs se mettaient un doigt sur une oreille , sans doute pour ne pas être troublé par le reste du choeur en décalage. Je pris égalemnent l'habitude de ce toc qui, à moi, me permettait  magiquement de m'étalonner et de trouver ainsi un  bon départ pour mes pieuses vocalises. Avec les années, je restreint ma prestation aux "Notre Père", - sauf quand ça monte dans: "" et-  ne - nous - soumet_ pas  à-  l- a -a-- tentation" où je décroche  invariablement dans les aigus et où  donc- je m'abstiens.



Il est 23 h,  chic c'est l'heure du paddock.

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J'aime bien vivre avec l'idée de la Mort.
Ne pas être dans le dénie de cet instant qui viendra indubitablement.
Devant la mort, tout nos petits problèmes deviennent dérisoires et cela m'aide à vivre.

Ce soir j'ai vite éteint la radio
couché sur le flanc, la main gauche posée sur l'épaule droit, j'attends que le sommeil arrive.
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Et puis tu es venu,
j'ai sentis tout de suite ta présence dans la nuit.
comme un grand cône posé au dessus de ma tête et dont tu occupes le sommet.
juste au dessus de ma tête, mais de pente infinie.
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Je ne me trompe pas,
c'est comme une mer  tranquille qui s'écarte sur ton passage et enveloppe de douceur réparatrice.
Toujours très bête , au lieu de t'écouter, je parle ... mais quand cesserai-je donc de couper la parole à tout le monde...
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Tu es là, juste pour me le dire
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Bien sûr, je ne peux pas m'empêcher de te faire quelques reproches us égard à la vie que je mène actuellement, et puis j'en profite pour te dire toute ma honte devant ces faiblesses qui ne fléchissent pas.Enfin comme je suis un  bon professionnel je valide ma feuille de route pour l'année qui vient.
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Je m' endors et  je te perds.
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Eh non !
Me force au réveil car tout d'un coup je sens que je perd l'essentiel.
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mais tu n'es plus là ,



Mais toujours là.





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4 commentaires:

lucia mel a dit…

tu devrais nous écrire plus souvent de si beaux textes ;))) et quand je dis "beaux", je veux aussi dire qui nous donnent à ressentir précisément la douceur qui t'a traversé.

Simon Gaetan a dit…

tu sais , hier, j'avais même acheté des apéros italiens que j'ai oublié de sortir, quel C!
Les cours c'est crevant.

Papillon a dit…

J'aime bien ces petites choses après votre 23 h 00....

Simon Gaetan a dit…

les petites choses ont souvent des effets, papillon...