vendredi 27 janvier 2012

Comment allez vous

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- Comment  allez vous ce matin,  monsieur Solaré?
- J'ai fait un rêve...

(silence)

- Je vous écoute.
- J'étais caché,  ou plutôt je jouais comme un enfant à l'écart dans une vieille dépendance, extremement poussiéreuse, la poussière qui s'est accumulée sur les vieilles pierres laissées des décennies à l'abandon. une poussière noire. J'étais blotti dans un renfoncement, dans l'embrasure d'une lucarne, un tout petit coin comme sous la croupe d'un escalier en colimaçon. De la baie, on apercevait un peu de vert, mais c'était roncier. Une fois calé, blotti, le dos à la fenêtre, une large échelle de meunier en planches pourries  faisait face.

Entre moi et le palier de l'escalier il y a un trou, le baccula du plancher est rempli  de paille et de terre noire.
Je pourrais m'échapper par là... mais   détournant le regard je remarque une autre sortie sur ma droite, un autre escalier qui mène vers le jardin en friche. Ce trou de rat ressemble à celui d'un lieu.
Il me dégoûte.


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Je ne vois plus la transition avec la seconde partie du rêve, j'ai eu mal au ventre toute la nuit, il faut dire, la nourriture du centre est degueulasse, je n'y ai pas touché...  j'ai mangé du chocolat toute la journée et  bu du Coca cheery, la seule boisson disponible au distributeur automatique.
- J'en parlerai à l 'interne toute à l'heure, si vos régurgitations acides persistent , il prescrira quelque chose,
- Si, il y avait des serpents qui me faisaient peur, de longs serpents, très fins et très longs, couleur ambre nacrée, mais j'essayais de contrôler ma peur car je me disais que ce devait être des orvets,  des serpents inoffensifs....

On vient me chercher pour  quelque chose. Mélanie essaye d'en écraser un sous ses talons. Contrairement aux habitudes, je suis resté vaillant, je n'avais même pas cherché à les poursuivre. L'autre serpent file. Nous sommes en villégiature sur une plage de sable fin, pendant que l'on reparle de tout cela, un autre serpent s'échappe par le pied de mon pantalon. Je le saisis tout de suite au niveau de la tête et le pince très fort... de mon autre main, je l'incise avec la lame d'un couteau .Il hurle , la tête se détache et roule sur le sol, il continue hurler, la tête triangulaire s'est gonflée et elle est devenue toute blanche, savonneuse, momifiée,  elle ressemble à celle d'un dragon chinois.

Notre petit groupe s'en va en longeant la plage... mais je choisis de ne pas emprunter la passerelle de deck , de circuler en m'agrippant à la structure tubulaire, sans toucher terre comme si c'était des arceaux. j'ai du plaisir dans mon agilité, surtout dans les balancements du corps, quand on est flottant dans le vide entre deux prises de main.Nous passons devant un monument aux morts qui vient d'être érigé. Il y a deux espèces de colonnes torsadées, comme des sculptures de Brancusi, blanches, avec des capucines rouges aux sommets des colonnes. et puis la première tombe, c'est celle d'une connaissance, un prof sympa. la devanture est recouverte d'une plaque de cuivre cintrée qui en épouse la forme. Sur l'arase haute , un navire  gris très long, comme un pétrolier,  en forme de couronnement. je me dis que c'est comme les peintres de la Marine, ils ont toujours la chance de se faire remarquer.En passant devant, je pleure pour lui mais c'est comme si quelqun pleurait dans moi, je me laisse aller à pleurer car je trouve ça agréable d'éprouver des sentiments.




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