mercredi 1 février 2012

D'une couleur saumâtre



Le récit du rêve était celui de ma vie.





 

 
Première posture, les années de pénitence dans les geôles noires de l’état, les années du recommencement volées au destin, suit l’acrobatique synthèse des savoirs dispersés et le mort dans la tombe   n'est ce pas la figure récurrente du père génétique... quand aux autres, les pères imaginaires, leur tutelle se fut délitée dans la lente guérison et les pleurs d‘un jeune garçon.
La matière ne nous projetterais-elle pas un peu plus loin que dans la statique immédiateté?

Ouvrirais-elle vers de possibles méandres, des ailes de liberté ?

Le psy, devrais-je dire «spy»… avait vu juste dans sa traduction...

Au delà des jeux de mots , faces cachées de l’iceberg, déconstruisez  mon langage, résistance  et mécanique mises à bas, ouvrez le scaphandre sur des liquides nuitées.

Le rêve qui suit me donnerait peut être la réponse.

Avec l’une de mes filles, nous sommes dans un vaste hall, celui d’une tour, elle avait fait déjà quelques pas plus à l’intérieur - je restais sur mes gardes. Comme on pouvait s'y attendre,  la tour  flanche. Dès que je sens le sol basculer, à la manière d’un navire qui déverse à 45 °,  je l’appelle  pour que nous  nous sauvions. Nous avons juste le temps de sortir à l’air libre et de voir piquer la gratte ciel qui s’écrase  sur nos pas, sans  aucun bruit ni poussière .   Pris de panique, la folle escapade, nous courons  dans la Cité, franchissant les quartiers d‘affaires du centre, les murs rideaux glacés,  puis  les buildings deviennent de petits blocs de maisons jumelées aux couleurs vives.

Après la proche actualité, résurgence d’un passé  lointain:  je suis allongé le long d’un mur de faïence métro, à quelques mètres,un homme  sort d’un  campement de fortune sordide. Il  se couche sur moi. Nous sommes dans la ville sale et tortueuse,  des passages parisiens du Sentier laissés à l’abandon dans leurs jus saumâtre,  ville de prostituées, Cour des Miracles.
Pour m'en débarrasser, je mords le bras de l’infect créature mais sa chaire est molle et putride, et mes canines s'enfoncent profond dans la viande décomposée.



 
J’ai peur d'une contamination
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Dans un cri d'effroi
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je recrache la salive  
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Le démon finira par partir.



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