dimanche 19 février 2012

Le séminaire annuel


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Le séminaire annuel de New York m’avait momentanément obligé de m’éloigner du Centre et de mes entretiens avec Solaré





Cest avec une véritable appréhension que j’allais retrouver le resident de la chambre 413. D’ailleurs sa véritable identité avait été révélée lors de mon absence pendant la visite inopinée d’une de ses amie en charge de lui ramener des cigarettes et qui, croyant à une erreur d’affichage sur le panneau de chambre, avait sans s’en rendre compte vendu la mèche à l’administration. Cette nouvelle affabulation remonta jusqu’aux oreilles du Docteur P ,le directeur du Centre, qui n’attendait que ce nouveau prétexte pour satisfaire le staff hospitalier à bout des incessantes frasques de S et qui décida, malgré mes recommandations, d’accroître le traitement benzodiazépine… se moquant éperdument de savoir si je pourrais poursuivre l’étude clinique avec un patient végétabilisé. L’épanouissement sexuel de Solaré avec ses voisines dans les sanitaires handicapés de l’établissement qui s’étaient transformés en somptueux lupanars, avait entraîné quelques doutes quant à la prise réel de son traitement. Nous n’étions plus à une dissimulation près. Quand l’équipe se présenta dans la chambre pour administrer le nouveau traitement , notre insolent se reposait indolemment sur son lit en tenue d’Adam. Bien entendu, il refusa la prise obligatoire et, comme l’équipe faisait de plus en plus pression pour qu’il avale ses pilules, il réussit soudainement à s’extraire de sa couche, nu comme un ver, à s’ échapper en enjambant l’allége de la fenêtre. Les gorilles du service, tels des rugbymans avertis, le plaquèrent sur la pelouse du parc et c’est ceinturé qu’il fut amené en cellule d’isolement où l’attendait la piqûre salvatrice . Bien sûr tous ces détails ne figuraient pas dans les transmissions et me furent relatés par Byrdie l’élève infirmier qui s’occupait normalement de S.





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