mardi 8 mai 2012

La rosée de l'aube.


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J'entrevoyais la possibilité d'être à nouveau bien heureux et, dans le ciel, confusément, je sentais que cette offre ne se refusait pas, qu'elle était moralement plus importante que tous les prétextes fallacieux qui m'auraient permis de prolonger ma mélancolie.

 
Cette conquête du sentiment d'une éternité à retrouver devait-elle passer par un état de vacance? J'avais déjà abandonné l'exercice douloureux d'une profession alimentaire et chronophage, fallait-il en plus aussi laisser tomber provisoirement la pratique de la peinture qui avait monopolisée depuis plus de trente ans toute mes forces et toute ma volonté de réussite et de reconnaissance. D'ailleurs n'avais je pas déjà de quoi remplir un musée posthume? Je ne savais même plus dans quel endroit il fallait entreposer les dernières toiles sans qu'elles s'abiment. La cave, les murs de la maison... Une des dépendancess à la campagne en était remplie dans des conditions hygrométriques qui ne permettaient pas une conservation optimale: la pluie, malgré de grandes bâches, rentrait dans le local, un effraie nichait dans la charpente et je retrouvais le sol jonché de grosses boulettes de fientes qui contrastaient avec celles minuscules des chauves souris, confondues dans un premier temps avec les excréments des loirs, en surnombre dans la région.

Prendre le temps de ne rien faire car ici rien n'est important sinon la rosée de l'aube ou le vent du soir



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