mercredi 30 mai 2012

Un sniff à la Préfecture.



*

Je marchais sur le trottoir ensoleillé du faubourg Saint-Antoine lorsque tout à coup je resentis une chose assez extraordinaire pour que je puisse la signaler ici.Je ne sais si c'est parce que mon corps avait absorbé la quantité nécessaire d'UV ou bien si je changeais  tout simplement de cycle dépressionnaire, toujours est-il que je ressentis  tout d'un coup une espèce de béatitude irraisonnée, une langoureuse nonchalance, une forme de bien-être dont je fus, n'étant pas coutumier du fait, le premier interloqué. Pourtant rien n'avait changé, les problèmes étaient  toujours les mêmes, les noeuds tordus  restaient intacts. L'impression inverse, d'étouffement, de surpression ne m'est pas étrangère, elle , et je la soigne généralement par un épanchement d'encre sur le premier bloc-note venu.

Il est  environ huit heure du mat, quand j'arrive devant la Préfecture de Police du douzième arrondissement et une file de type "cinéma" est déjà sur place malgré la demi heure d'avance sur l'horaire d'ouverture.
Je suis venu demander une d'autorisation  de sortie de territoire pour mineur. 



Un sniff à la Préfecture.
ATHMOSPERE.



*


J'ai le numéro "29" et je me suis à l'avance préparé psychologiquement au pire.Tout absorbé à mon reporting sur la Préfecture, sujet délicat que j'avais  déjà médité la veille de mon intervention, je ne vois pas passer le temps et lève seulement le museau vers  09:15 pour constater que le défilement des numéros est lamentablement bloqué sur le chiffre "07". Un dame d'origine maghrébine se tient devant moi avec une poussette et un deuxième bébés dans les bras. D'une légère torsion du thorax,  qui fait pivoter mes épaules dans un angle Marlonien, je me lève gracieusement en  bombant le torse, tel un Super-Héros, et lui propose de s'asseoir sur le siège en polypropilene moulé que j'occupais. Ce qu'elle accepte avec  étonnement. N'allez pas penser  que cette action sincère soit exempte de toutes arrières pensées: en me levant ainsi , je cherche à donner à tous les veaux qui m'entourent et regardent leurs chaussures, une petite leçon de savoir vivre, une "Basic Civile Politesse". Dans le métro parisien ... je récidive tant que faire se peut... la  pénibilité de la station debout, même prolongée, n'est rien au regard du plaisir occasionné.


*




*

De fait, Je me retrouve  inopportunément dans l'allée centrale et envisage d'aller fumer un clopaillon à l'extérieur... en repassant devant l'accueil, stupeur! je ne faisais pas la queue au bon endroit et le numéro "33" est opérationnel.

- Madame, vous prenez le 29?

La synchronicité des deux actions me fait sens. Tandis que je marche rapidement vers mon RV de 10 h, j'extrapole par analogie: Ce qui est valable pour une personne à l'instant "t" ne pourrait-il pas l'être  historiquement pour une nation toute entière?
Notant ces réflexions sur mon carnet, un jeune Romain me tape sur l'épaule: Il veut  faire signer une pétition d' andicap International.




*

Aucun commentaire: