dimanche 3 mars 2013

Etre en bas.








 
Il faudrait pouvoir se solidifier
ne plus être une éponge, à la haine
aux sentiments qui traînent à la ronde
l'air embué des terrasses de la capitale.

Faire quelque chose d'attachant
quelque chose qui me rattache à quelque chose
de concret,
qui tienne la route.
Je pourrais ainsi penser que j'existe
que je ne suis plus un avorton
mais bien que je suis né
enfin
que je suis quelqu'un
j'ai fait quelque chose.

Au lieu de ça
je suis souvent du vent
du vent qui remonte du passé
mais qui ne franchit pas l'avenir
de l'eau qui s'écoule
sans donner libre cours à quelque chose
juste un cours d'eau
trop
pas assez

l'Opéra, ce gros gâteaux mielleux
marrant des lourdes bêtises
la colonne, l'ange aux fesses potelées
et puis
le faubourg à descendre
à remonter
interminablement
depuis tant d'années
presque tous les jours
pour aller travailler
pour aller se cultiver
pour aller se coltiner
avec mes paires

des vieilles chaussettes

Il faudrait pouvoir se dire:
«ça y est
j'ai fait ce truc ...
plutôt pas trop mal»
Au lieu de çà...
accumuler des pièces et des pièces
chaque jour
à longueur d'années
un truc pour les monstres
des heures sup pour le nettoyage de la Mairie
un chargement spéciale
prendre RV,
par téléphone, sur le net.

Un gros gâchis
de temps et d'énergie
mais la vie ...
c'est bien un gros gâchis
une perte de temps et d'énergie.

Si on pouvait faire un truc qui nous concrétise
un truc bien
qui reste
qui soit pas abîmé
ou pas tout de suite
ou pas juste après la garantie
un truc dont on pourrait être fier :
« J'ai fait ce machin
quand j'étais jeune!
et ça m'a ouvert des portes...
j'ai rencontré des gens passionnants
dans ma vie »
et on dirait deux trois bêtises à la radio
des trucs à l'emporte pièce
un peu maudit
pour épater la galerie
les journalistes  nœuds- nœuds
histoire de continuer la légende
de peaufiner le personnage.

Ouais
j'ai pas vraiment rencontrer de gens passionnants dans ma vie
la vérité,c'est que je me fais c...
avec des c.. toute la journée

C'est peut être pour cela que je préfère rester seul toute la journée
"il vaut mieux être seul que mal accompagné disait ma maman"
elle a bien su me  montrer l'exemple.

Je finirai par penser que j'étais que du vent
un gaz
et que je disparaîtrais
sans laisser de trace
à peine
un piaillement
un cri cri
un cou cou
et puis hop :
en voiture
dans la petite boite
dans la terre noire
avec derrière moi
ceux- là
ces c... là
qui m'ont gonflés
toute ma vie
empêcher de respirer
tirer vers le bas
là ou je suis
je demeure
tout en bas
en bas du bas
en bas
en bas
en bas.





  







***

1 commentaire:

lucia mel a dit…

le vague à l'âme... pour que l'âme vogue... vers de nouveaux horizons. Ton texte touche à l'endroit où des ailes voudraient pousser... Tes portraits nous aident à voir ce que tu vois. Bon dimanche.