5 mars 2012

Bûches de vermines

*







Qu’il me soit encore permis de dire à demi-mot, d’écrire à mots couverts.
Que j’ai recherché l’art du camouflage par nécessité éthique…
avant qu’il ne devienne naturellement ce corps étranger,
cette seconde parole… parure digressive
Trompe-l’œil comme trompe-la-mort.




Quelques jours éloigné de Paris ne fit qu’accentuer les troubles du sommeil.
Épuisé à dix neuf heure par le froid humide,
un brouillard épais et cotonneux à souhait s’était répandu sur toutes formes,
je m’endormais dans une suite de rêves, bercé d’ondes moyennes
pour écarquillé les yeux à nouveau à deux heures sur la noir complétude.



Nourrissais le brasier de bûches de vermines
en attendant que le jour veuille enfin se lever.



Le jardin secret, avant le débarquement printanier, nécessitait de nombreux réajustements: Il ne s’agissait de rater le coche comme l’année précédente, à désespérer des feuilles rongées, de fruits véreux et d’herbes envahissantes.






Je pense à toi Seigneur

Je vois tes longs cheveux ondoyant dans la lumière.


À petits pas

j’apprends


je négocie une prière.


Qu’il me soit permis d’oublier le mal à cette heure

et de jouer


valide


dans la cour des affamés du vice.












*







26 févr. 2012

Louise de Damas

*








Nous rentrons dans le théâtre. La pluie s'est mise à tomber soudainement avec violence et le tonnerre gronde. Les derniers arrivés qui cherchent leurs places, déambulent dans l'allée centrale. Depuis la billetterie, le vent s'engouffre dans la salle à travers les portes de velours maintenues ouvertes.


J'y aperçois encore la noirceur du ciel que les éclairs dégradent momentanément.
Sur scène, dans un décor de ruines, une femme se tient sur scène.
La chaleur et le soleil contraste avec l'extérieur.

Amoncelé dans un silo rectangulaire de planches, il y a un tas de mitrailleuses automatiques.
et d'armes blanches.
elle est juchée sur le bord et harangue la foule.



"...L'armée du roi monnaiera
que si il y a de l'or yankee
et tant qu'en Iran sa loi sera foulée aux pieds..."

Louise, Louise de Damas,...  que fais tu parmi ces hommes?
la police ira te crucifier.




 




*




22 févr. 2012

Un peu de charbon

*








C'est un lieu, quelque part , nous allons au fond du corridor, il y a des livres partout qui nous encerclent.








Vous voulez un billet pour quelle destination?

 Berlin

- Non

- Le Mali, Singapour?




Alors...

je parafe le parchemin

- Voici,  

lui dis-je, tendant le billet.


"' La Compagnie  des Wagons-lits vous souhaite un agréable ..."

Mais

à peine avais-je prononcé ces mots


que 


Sglourp!!


 c'est  moi qui m'envole dans les cieux





 En voyage


immobile


 l'eau coule


tranquille


 sur le papier


"Je n'ai pas visé à la ressemblance"'










Je ne retiens pas l'eau.


Il faut que tu t'imagines: elle ne coule pas du pinceau


mais directement des doigts,


... de la paume


On ne retient pas l'eau.


Laisse







Et vous...  jolie Madame


Quel livre êtes-vous ?


Vous allez sur la route


accompagnée de noms charmants?










Non, non


Vous vous trompez....


 Monsieur


dit-elle sans violence


Nous ne sommes pas des livres


juste  des pigments


et un peu de charbon


 ardent.









*

20 févr. 2012

La proie des faits




*





Les rêves, lambeaux éparses, floutés, sont devenus impossibles à analyser.













 La constellation des aiguilles répressives s'incarnait dans les fesses.


 Démultiplication  machinale des transports de l'être ?


Prophétique et la proie des faits, la porosité d'une  absence originelle.




 




*


19 févr. 2012

Le séminaire annuel



*






Le séminaire annuel de New York m’avait momentanément obligé de m’éloigner du Centre et de mes entretiens avec Solaré.







C’est avec une véritable appréhension que j’allais retrouver le resident de la chambre 413. D’ailleurs sa véritable identité avait été révélée lors de mon absence pendant la visite inopinée d’une de ses amie en charge de lui ramener des cigarettes et qui, croyant à une erreur d’affichage sur le panneau de chambre, avait sans s’en rendre compte vendue la mèche à l’administration. Cette nouvelle affabulation remonta jusqu’aux oreilles du Docteur P ,le directeur du Centre, qui n’attendait que ce nouveau prétexte pour satisfaire le staff hospitalier à bout des incessantes frasques de S et qui décida, malgré mes recommandations, d’accroître le traitement benzodiazépine… se moquant éperdument de savoir si je pourrais poursuivre l’étude clinique avec un patient végétabilisé. L’épanouissement sexuel de Solaré avec ses voisines dans les sanitaires handicapés de l’établissement qui s’étaient transformés en somptueux lupanars, avait entraîné quelques doutes quant à la prise réel de son traitement. Nous n’étions plus à une dissimulation près. Quand l’équipe se présenta dans la chambre pour administrer le nouveau traitement , notre insolent se reposait indolemment sur son lit en tenue d’Adam. Bien entendu, il refusa la prise obligatoire et, comme l’équipe faisait de plus en plus pression pour qu’il avale ses pilules, il réussit soudainement à s’extraire de sa couche, nu comme un ver, à s’ échapper en enjambant l’allége de la fenêtre. Les gorilles du service, tels des rugbymans avertis, le plaquèrent sur la pelouse du parc et c’est ceinturé qu’il fut amené en cellule d’isolement où l’attendait la piqûre salvatrice . Bien sûr tous ces détails ne figuraient pas dans les transmissions et me furent relatés par Byrdie l’élève infirmier qui s’occupait normalement de S.





 
*

12 févr. 2012

- La question de quoi?


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- La question de quoi?

- Vous le savez très bien…

- Mmmfff… Adorez un seul Dieu, comme le propose les religions monothéiste, n’a jamais voulu dire que le ciel était vide de toutes autres instances, vous me suivez. Il ne s’agit pas de croire ou de ne pas croire, mais de comprendre ce que je lui ai fait pour avoir une vie comme ça.

- Redevenez sérieux Solaré, je vous en prie.

- On s’arrête comment ? On à beau vouloir corriger le système, la souffrance est la seule force motrice de l’élévation et redescendre …c’est la chute. Répondre à Dieu c’est mettre un pied dans l’ordre de la Tragédie.

- Le malheur qui semble vous accabler est imputable à Dieu Solaré, pas à vous-même, pas à la société?
La vision du Dieu que je connais n’est pas celle d’un gentil horloger, mais celle d’un Dieu terrible qui peut vous griller la tête comme une tranche de Harry dans un grille pain réglé au maximum. Le Dieu des antiques, celui qui tombe sur la tête.

- Continuez

- Jésus-Christ, aurait-il eu besoin de nous dire qu’il était notre avocat auprès du Père si celui-ci était un gentil Papa-Gateaux?

- Qui vous dit, que vos ennuis récurrents ne viennent pas de vos rapports avec vos contemporains? Vous êtes, comment dire, un peu décalé… Est-ce que je me trompe en disant cela?

- Je ne suis pas décalé Monsieur Simon, C’est la société tout entière qui est à la masse. Voyez vous il y a une telle perte de sens, que seule la question subsiste et la réponse est une variable, à la limite sans importance dans sa teneur, les x réponses deviennent ambivalentes. La réponse: c’est la statistique des réponses.

Alors quoi…si c’est celui qui propose le menu , "Qu'est-ce qu'on mange?"
à la place du cuisinier… c’est à gerber….

- Calmez vous Solaré? Calmez vous sinon je vais devoir interrompre notre conversation, et plus nous interrompons , plus nous retardons notre thérapie et votre sortie  éventuelle du Centre.

- Bon alors c’est normale, dans cette spirale du vide, Drucker interview Sébastien ou, ce qui revient au même: Elkabbach interview Duhamel, on est content, on a gagné 10 cm de profondeur. Vous voyez … la République laïque, sans le culte de l’Être Suprême, ca marche pas.

- Vous êtes Bonapartiste Solaré? Là, dans le contexte du Centre …vous ne faites pas preuve d'une originalité foudroyante… Je plaisante, c’était pour  détendre l'atmosphère, d’ailleurs vos petits camarades ne sont pas Bonapartistes, ils se prennent tout simplement pour Napoléon.

- Le regard de Napoléon, que l’on peut croiser dans certains portraits au Louvre, est un des seul regard qui m’a touché.

- Les autres?

- On ne parle pas de ceux qu’on aime.

- J’aimerais que l’on y revienne pourtant dans une séance ultérieure, je sens qu’il s’y joue quelque chose, je voudrais dénouer ce nœud, enfin!  il vous appartient…Vous n’aimez pas Drucker?

- La famille Drucker!… je vous l'ait dit: l’objet de la Représentation  a pris la place du Sujet. C’est l’Homme- Comédien qui est le fer de lance de notre perte de sens, peu importe "Qui" il représente, c’est le fait de "comment-jouer" qui lui donne le statut d'etre le Sujet de l’émission… indécence.
…………………
l'imposture,  c'est la nouvelle posture et la duplication, c’est devenue votre symbole.
…………………
 Ah ah ah !  Une bonne blague, c’était de dire: on aurait dû maintenir la peine de mort pour les architectes du Forum des Halles, la France défigurée… Hé bé,  moi, je suis pour la peine de mort pour les présentateurs télé…. la Culture, ce n’est pas la promotion de l’industrie cinématographique.
Quoique …«La Canopée» du nouveau Forum…ça sera pas mieux que ce qu’y avait avant.
La perte, la perte, la perte.
…………………
Si l’homme en avait le courage et l’amour, il pourrait se débarrasser de son corps et sur cette terre encore.
Mais il n’ose pas!
Quand il ose…c’est la répression. On préfère interviewer Bardot sur son dernier film. C’est parce qu’il y à un fort Hasard et Déterminisme que le Signe, qui est une parenthèse, existe, qu’il est

« Hors-système», les paranos sont les enfants du Signe et leurs bannissement, c'est le triomphe du Mal.

-Bien Solaré! nous arrêtons là pour aujourd’hui.









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5 févr. 2012

Gare du Nord


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 Pour moi, cela devenait une évidence, le deuxième rêve était symptomatique du complexe Antoedipien qui était à l'origine de la pathologie solarienne. En refusant de participer au festin cannibalique du Père, Solaré niait l'existence de sa filiation dans la logique interne de son auto-création. La contre-partie de la conservation  mythique de son état de pureté originelle fut la perte de son état civil et le retour à  une guerre de non-droit institutionnel de facto la violence verbale.
Bien qu'ayant  parfaitement diagnostiqué la schizophrénie de S,  il m'était encore difficile d'affirmer qu'elle puisse  précisément se positionner dans telle ou telle catégorie, notamment  par le fait que S n'avait pas été sujet aux hallucinations auditives qui sont à 80 %  des délires identitaires de sur puissance.



Mais revenons au Centre:






- Comment vous sentez-vous Monsieur Solaré, aujourd'hui.

- J'ai l'impression , dans le chaos des mots de voir un versant jardiné.
Il y pousse des fleurs géantes, des liserons grimpants et des roses vives
Suis-je là ?, à mon hauteur et la rive est-elle ma teinte?

- Je croyais, pour reprendre exactement l'interrogation que vous formuliez  penadant une séance précédente, voyons ... j'ai noté  là: "Les mots sont des caresses ou des couteaux ? "

"Les mots sont des caresses ou des couteaux ? "
Alors!  Les mots sont dans la jungle... ou dans un jardin?

 (silence)

Vous ne voulez pas me répondre ...ce n'est pas grave.

Voyons.

Dans le rapport du placement d'urgence, il est écrit que vous vous prenez pour un Dieu.
Chère Monsieur Solaré, je ne vous ferais pas l'affront, puisque nous nous connaissons mieux, de prendre au pied de la lettre cette affirmation qui est certainement une simplification abusive de votre pensée à l'époque de ces propos, nonobstant  pourrions-nous aborder la question, ...
la question de votre rapport identitaire aux Dieux ?






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3 févr. 2012

L'ordonnance.

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Sol est parti sans apparat
dans le silence, il a signé l'ordonnance.





Puisant dans le vertige des derviches,
il ferme la porte aux moribonds malaises
et s'en va dans sa Savoie

Le coeur emprunté d'un doute malicieux.






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1 févr. 2012

D'une couleur saumâtre

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Le récit du rêve était celui de ma vie.

Première posture, les années de pénitence dans les geôles noires de l’état, les années du recommencement volées au destin, suit l’acrobatique synthèse des savoirs dispersés et le mort dans la tombe   n'est ce pas la figure récurrente du père génétique... quand aux autres, les pères imaginaires, leur tutelle se fut délitée dans la lente guérison et les pleurs d‘un jeune garçon.
La matière ne nous projetterais-elle pas un peu plus loin que dans la statique immédiateté?
Ouvrirais-elle vers de possibles méandres, des ailes de liberté ?

Le psy, devrais-je dire «spy»… avait vu juste dans sa traduction...
Au delà des jeux de mots , faces cachées de l’iceberg, déconstruisez  mon langage, résistance  et mécanique mises à bas, ouvrez le scaphandre sur des liquides nuitées.

Le rêve qui suit me donnerait peut être la réponse.

Avec l’une de mes filles, nous sommes dans un vaste hall, celui d’une tour, elle avait fait déjà quelques pas plus à l’intérieur - je restais sur mes gardes. Comme on pouvait s'y attendre,  la tour  flanche. Dès que je sens le sol basculer, à la manière d’un navire qui déverse à 45 °,  je l’appelle  pour que nous  nous sauvions. Nous avons juste le temps de sortir à l’air libre et de voir piquer la gratte ciel qui s’écrase  sur nos pas, sans  aucun bruit ni poussière .   Pris de panique, la folle escapade, nous courons  dans la Cité, franchissant les quartiers d‘affaires du centre, les murs rideaux glacés,  puis  les buildings deviennent de petits blocs de maisons jumelées aux couleurs vives.

Après la proche actualité, résurgence d’un passé  lointain:  je suis allongé le long d’un mur de faïence métro, à quelques mètres,un homme  sort d’un  campement de fortune sordide. Il  se couche sur moi. Nous sommes dans la ville sale et tortueuse,  des passages parisiens du Sentier laissés à l’abandon dans leurs jus saumâtre,  ville de prostituées, Cour des Miracles.
Pour m'en débarrasser, je mords le bras de l’infect créature mais sa chaire est molle et putride, et mes canines s'enfoncent profond dans la viande décomposée.

J’ai peur d'une contamination.
Dans un cri d'effroi, 
Je recrache la salive   
Le démon finira par partir.




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27 janv. 2012

Comment allez vous

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- Comment  allez vous ce matin,  monsieur Solaré?
- J'ai fait un rêve...

(silence)

- Je vous écoute.
- J'étais caché,  ou plutôt je jouais comme un enfant à l'écart dans une vieille dépendance, extremement poussiéreuse, la poussière qui s'est accumulée sur les vieilles pierres laissées des décennies à l'abandon. une poussière noire. J'étais blotti dans un renfoncement, dans l'embrasure d'une lucarne, un tout petit coin comme sous la croupe d'un escalier en colimaçon. De la baie, on apercevait un peu de vert, mais c'était roncier. Une fois calé, blotti, le dos à la fenêtre, une large échelle de meunier en planches pourries  faisait face.

Entre moi et le palier de l'escalier il y a un trou, le baccula du plancher est rempli  de paille et de terre noire.
Je pourrais m'échapper par là... mais   détournant le regard je remarque une autre sortie sur ma droite, un autre escalier qui mène vers le jardin en friche. Ce trou de rat ressemble à celui d'un lieu.
Il me dégoûte.

Je ne vois plus la transition avec la seconde partie du rêve, j'ai eu mal au ventre toute la nuit, il faut dire, la nourriture du centre est degueulasse, je n'y ai pas touché...  j'ai mangé du chocolat toute la journée et  bu du Coca cheery, la seule boisson disponible au distributeur automatique.

- J'en parlerai à l 'interne toute à l'heure, si vos régurgitations acides persistent , il prescrira quelque chose,

- Si, il y avait des serpents qui me faisaient peur, de longs serpents, très fins et très longs, couleur ambre nacrée, mais j'essayais de contrôler ma peur car je me disais que ce devait être des orvets,  des serpents inoffensifs....

On vient me chercher pour  quelque chose. Mélanie essaye d'en écraser un sous ses talons. Contrairement aux habitudes, je suis resté vaillant, je n'avais même pas cherché à les poursuivre. L'autre serpent file. Nous sommes en villégiature sur une plage de sable fin, pendant que l'on reparle de tout cela, un autre serpent s'échappe par le pied de mon pantalon. Je le saisis tout de suite au niveau de la tête et le pince très fort... de mon autre main, je l'incise avec la lame d'un couteau .
Il hurle , la tête se détache et roule sur le sol, il continue hurler, la tête triangulaire s'est gonflée et elle est devenue toute blanche, savonneuse, momifiée,  elle ressemble à celle d'un dragon chinois.

Notre petit groupe s'en va en longeant la plage... mais je choisis de ne pas emprunter la passerelle de deck , de circuler en m'agrippant à la structure tubulaire, sans toucher terre comme si c'était des arceaux. j'ai du plaisir dans mon agilité, surtout dans les balancements du corps, quand on est flottant dans le vide entre deux prises de main.
Nous passons devant un monument aux morts qui vient d'être érigé. Il y a deux espèces de colonnes torsadées, comme des sculptures de Brancusi, blanches, avec des capucines rouges aux sommets des colonnes. et puis la première tombe, c'est celle d'une connaissance, un prof sympa. la devanture est recouverte d'une plaque de cuivre cintrée qui en épouse la forme. Sur l'arase haute , un navire  gris très long, comme un pétrolier,  en forme de couronnement. je me dis que c'est comme les peintres de la Marine, ils ont toujours la chance de se faire remarquer.
En passant devant, je pleure pour lui mais c'est comme si quelqun pleurait dans moi, je me laisse aller à pleurer car je trouve ça agréable d'éprouver des sentiments.




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24 janv. 2012

Pas un mot #02


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«Je suis l’irrésistible pompier.
- Le Fou -   mais j’ai appris à dissimuler.»








Au fur et à mesure de l’entretien, les sons entendus dans la rue et qui semblaient d’abord venir des entrailles de la ville, sourdaient à nouveau en moi, plus nets et plus précis. Concentré sur la prosodie du patient- ne devais-je pas y découvrir les stigmates de la dissimulation ?- je subissais l’assaut interne d’une incandescente mélopée dont chaque phonèmes retentissaient dans mon corps comme sur la peau d’un tambour. Me laisserai-je envahir par cette manipulation schizophrénique?

 



YAKA TO MO KO LO SO
DERAMI NI PORI KEMONTI
DILA CORA POTIMO FENTASSI
DIROU KILLA POFFISSA
RAMO NO KANTI DELLA NIFFIOU.

 


 


«- Je suis la vieille prostituée, l’androgyne édenté,
le clochard qui pue, l’aveugle dans la saleté.
Depuis que le Monde existe: le Christ est mon frère, mon ami
la Vénus, la luciole qui brille sur le fumier
La cellule initiale de Mère  la Nature . »




Comment ne pas abandonner la bienveillante neutralité dans laquelle je m’étais enveloppée.Solaré se balançait sur sa chaise tout en parlant. J’essayais de captiver l’irrésistible envie de répression que je sentais monter en moi. Si l’excitation perdurait, je devrais appeler le service et remettre l’entretien. Il éructait maintenant tout en tendant ses bras malingres en l’air.

 



KALINI METAPO KOTOM
GAN DUIRA
DALA MONE TOKI POPOU SPIE
DAN LA PE PO
RI KA TOU KOROKITE
MANAÏO TANA
REKANTI KOLOM SSE MATOSSI
LASSAN DAÄFO D ICI LA



«-Veux-tu connaître l’avenir?
Que je te dise le sort des trépassés?
Si ils ont connus la vie ou bien la seconde mort?
Car à travers moi, parle l’Ange de la Mort!
Je suis ici bas... mais salarié du Ciel
J’ai payé et  paye encore!»



 
À travers les fenêtres grillagées du Centre, je pouvais apercevoir le parc et ses arbres.
Les mots éclairaient chaque feuilles comme autant de signes: la nature se livrait à livre ouvert.

 
 
"...Au pied du chêne,
vieux ,
vide
de l’esprit moqueur
de la profusion propice
senteurs abscondes
à l’épicentre de la vitrine
dévoilées des milices
dans les gouffres ancestieux.
de jobs épais
des tumultes
de fêtes sans fard...

A l’école, bréviaires aux doigts des marraines sous-marines
Le sifflet du Pan, arrête le match de foot
Et … le scientifique sacrifice des  insecticides.

Valeurs matrimoniales et internationales salopes
Tes allures de poules vénérées!
Et tes mœurs dissolues ...
C’est la frayeur de mon interlope-cutter
De se dissoudre si fade, merle d’acier»


Ce coup ci, cela en était trop... Solaré régressait dans son fantasme de sur-puissance et ses insultes devenaient  franchement menacantes. J’avais "ma dose" et décidais d’écourter l’entretien.Je  le rassurais quand à l'imminence de son éventuelle sortie  du centre et de ma volonté de le voir guérir au plus vite. Nous nous dîmes à demain et je sortis de l’établissement. La lumière filtrait à travers les barreaux. L’amplitude du grondement interne des glossolalies s’amenuisa rapidement et elles retrouvèrent la légèreté d’une chanson douce, comme me chantait ma Maman:


 

KA LI NI METARO
KOTOMPA GANDUIRA
DALA MONE TOKI PO FU SKI DAN LA FERO
RI KA TOU KA RO KI TE
MANAÏO TANA
REKANTI KOLON SSE MATOSSI PAÏAPO
LASSANT TARETER DICI LA



 
Il me faudrait m’endormir ce soir avec un trou noir dans la tête…
Un trou qui s’ouvre sur un monde de crânes de morts - mais qui bougent sous la lumière froide, de peuplades, infectes créatures, agonisant dans la géhenne.






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21 janv. 2012

Pas un mot

 .





Pas un mot n’avait été prononcé depuis le réveil. Il fallait préserver ce silence jusqu’au temps de l’écrire. Préserver la virginité sonore, enveloppé  des limbes de la nuit où tu te mouvais, subtil. Ne point fermer la porte des Ombres, celle du  Monde des Morts gouverné par l’esprit et, seul, laisser les  étranges solalies.



Une rangée d’arbres en enfilade sur le trottoir d’une venelle en pente. L’écorce est desquamée et la croûte marron se détache du tronc à la blancheur verte opaline. Au dessus de la ligne d’horizon, un ciel d’encre foncée et des clairières crues d’avant l’orage. Un ennemi, un ami , est-ce toi,  est-ce moi ? debout, massif, planté  là  dans la verticale de la fuyante. Nous sommes devant la toile, dans le souvenir d’une photo prise, l’espace local d’une abstraction malheureuse  et qui scintille.






Place du Marché , Paris onzième. Palissades, grondements infernaux des BRH. Les marteaux pilonnent les plaques de bitumes qui se détachent une à une. Je marche sur Belleville et les nouveaux immeubles, pavés de verre , bardage de tôles roses. Arrive au cimetière de la ville, jonché de cornes, de défenses d’élephants. A présent dans le désert du Nyacoumbé, le temple perdu des anciens, celui du roi Salomon.




Paupières bleutées , lèvres charnues, 
c'est l'Afrique  qui chante :




DIALAMBE TAKATAKO TOLISSO
MASSON NIRRE CODAMINE
DANKARI POTASSI MANOLOKO
RAMINASSOU TOSSALIMETA
KARA SAU SIMINE TAROPOKI




 


Je franchis à nouveau le seuil de la clinique.
Les portes de verre, le sas, l’accueil.
L’ascenseur des enfants réprouvés.
Il faut monter une boisson fraîche ?
 - de la menthe?

Sur sa porte, un tigre est dessiné.

Savoir écouter, chaque pensée,

Est -elle de toi?,

de moi,

est-elle de lui?

Écouter les chuchotements à peine murmurés

Voir , ça voir…


c’est de l’argent qu’il faut placer immédiatement.
 L’ado au tigre, étendu sur le lit avait les yeux tristes immenses des psychotiques , des déments.
 La prononciation est  gênée par l’écume sur la langue,
 Il baragouinait, entre deux insultes, des prophéties délirantes:









LA MALADIE ATTAQUE AUSSITÔT
UN ASSAUT IMMINENT S’OPPOSE
SON IRE CONDAMNERA UN OCCIDENT
QUI RIPOSTA AUSSI MAL
TU N’AS SOUMIS CE TALISMAN QUE TROP TARD







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15 janv. 2012

Pourquoi faut-il qu'il me presse




Pourquoi faut-il qu'il me presse d'écrire ici?

Rien ne m'oblige à cela, pas de mauvais sang, de mouron, ni de fiel à extraire
encore moins, cher public, de public à satisfaire...

Alors est-ce juste la culpabilité de laisser à l'abandon ce que j'avais tant chéri .




Mon inspiration est aujourd'hui vaine, mon imaginaire tari car je rêve sous d'autres cieux
ô le petit présomptueux! Tu penses  donc que ce qui faisait mouche ici dépendait de tes forces ,  que tu étais capable, dans ton immense arbitraire, de le bien rêvasser.

-  alors, quoi?

Une nouvelle catastrophe... un carnet exceptionnel ... qu'il faut bien se réveiller, s'y coller...
et ... un jour ce pourrait bien être moi,... moi,  moi pour qui sonne le glas.

Non, tous mes voisins sont morts et je subsiste dans cette belle demeure fantomatique et vide.






Non , non ... je ne vois rien... et ai-je déjà vu quelque chose?
Même dans cette boule de cristal (achetée il y a  vingt six ans et confisquée aussitôt par une milice  chrétienne qui voulait mon salut) je n'ai jamais rien vu: que ma tête en reflet et c'est beaucoup, beaucoup trop .

Je préfère les tâches et j'en suis bien couvert.
Le marc de café dans les belles tasses de faïence bleue au liseret doré du service de mariage

Des Signes, Voulez-vous des signes ?

Il faudrait relever un gisant simplement en posant les mains sur lui
Allumer le soleil sur les places comme si nous étions midi
Commander la musique et qu'elle jaillisse! venant du ciel au moment où je te l'avais dit.

Mais savez vous lire mes signes?

De la poésie...

Pour y laisser la vie en gréement sur une feuille volante
te raconter ta vie, tu sens qu'on la devine
et inviter le mal: on ne fait rien sans qu'il réclame sa part à lui.





Alors je peins,

Dans un grand appartement, une pièce vide.

Le parquet de chêne clair et les murs blancs, quelques modénatures à peine rehaussées de gris souris.
La porte s'ouvre, il y a quelques personnes: des femmes habillées  tout en blanc,  une assise , les autres qui filent ou qui dansent, je ne peux les apercevoir distinctement.

Est-ce la même avant qu'elle ne fut assise ?

Tout est blanc.

En hiver, le soleil est toujours plus bas et la lumière grisonnante.
Juste quelques couleurs: un serre-tête rouge tulipe, des lèvres fardées roses et sous le chemisier un brin de turquoise cachant des seins.

La porte du triptyque se referme, un oeilleton décoratif est suspendu sur le battant.
C'est un pentagramme aux branches jaunes, rouges et bleus ceruleum, les couleur primaires du cercle chromatique.

Le silence revient.
On dirait que tout le monde dort.

8 janv. 2012

Le choix Fra Angelico

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Le long du canal, poursuivis d'ombres immenses et le pas certain, 
nous conversions sur mon péché.. celui du Monde.







L'Ange, sur la margelle, suspendu tout au bord des rives
expirait dans un souffle qui brassait les feuilles, les vignes.

  "- Suis moi,
................
    Suis moi."


 L'eau miroitait - Ô mon Ange! 
Je voudrais tellement pouvoir te suivre!
- j'ai peur! -  non  pas du vide...mais d'y perdre tout plaisir.

"- Suis moi,
.............
    suis moi."

- Belle lumière dorée
toujours elle réchauffe mon coeur.
une seconde avec Toi vaut mieux que mille ailleurs




"- Qui suis-je?
   Sur le pont, 
entre le monde des vivants et celui des morts?"


Elle me rechauffe, elle est ...

"- Tu as vu tous les signes et beaucoup plus ...
les perles d' étoiles versées dans ta main
comme du sable ."
..............................

Comme du sable... Ô mon Ange!
Je suis aspiré et puis je tombe
Quand pourrais-je enfin te suivre?

"- Viens à moi.".
.........................




3 janv. 2012

Dans la transparence




Dans la transparence,
À peine avais-je franchit le seuil
Des ancêtres oubliés
Que

La crainte fut passée.







Sur le sol, innervé
Tu abandonnes le signe
Libre de ta destinée



Le sas automatique
écarte sur ton passage
ses coulissants vitrés



A l’accueil , nul doute
C’est bien ici que tout se passe.

Qu’avais-je à dire , Mon Dieu
de si important:
- être riche et sur puissant


- Non … non,  quelle blague!
je voulais juste être Moi

Qui?

Celui qui n’est qu’en devenant


Vogue, vogue la vie
……………………………..
Tout s’emporte autre part qu’à Paris

Vogue, vogue sur les flots chéris
……………………………
Tout est mal qui bien finit










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5 déc. 2011

Que le buzz naisse






Je ne suis plus pressé.

Si près, précisément.
Dans le faux,
dans le vrai aussi.

Le jour se mêle à la nuit.

Dans le théâtre du Chatelet,
sans que personne n'y voit,
tu étais entré par derrière
et puis, monté au dernier étage
jusqu'aux salles de répétition.

Dans les vestiaires des comédiens
repose une pierre triangulaire
elle est frappée de ton sceau
 une feuille d'or et du sang aspergé.

Je ne suis plus pressé.

Blancheur sereine
 efface du miroir
mon image sans teint.

Je suis dedans
 je suis dehors
sur la place adorée
  dans la rumeur
l'air sonore.
















10 oct. 2011

The twin sisters






 Anna.






Mary.

2 oct. 2011

Mary Anne.










Mary Anna
Météo smile anymore
a spoke sometime comes
....................
Alone in Paris,
fortune is still looking some pies, éden sentimentale.

Mary Anna
Marie, this is the hammer profile,
so take the wood
....................
black night, a pool met hell,
is coming apart, higher

Smooth,
 I fall in mi-temps garden,
ordinary it takes a name
...............................
Curse is so far.




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